Appliquez l'ACS+ à votre travail

L'analyse comparative entre les sexes plus

Nous supposons souvent que notre travail ou nos politiques s’appliquent à tout le monde de la même manière et qu’il n’existe aucun enjeu relatif au genre ou à la diversité dont il faut tenir compte.

L’ACS+ nous aide à reconnaître ces suppositions et à les mettre de côté pour mieux comprendre le vécu réel des gens et trouver des moyens de répondre à leurs besoins. C’est uniquement par le recours à l’ACS+ que nous pouvons déterminer si un segment particulier de la population est touché différemment. Des suppositions malavisées peuvent avoir des conséquences imprévues et disparates sur des populations particulières. Vous pouvez commencer à remettre en question vos suppositions en vous posant les questions suivantes :

  1. Est-ce que je tiens pour acquis que les enjeux sur lesquels je travaille sont non genrés et exempts de considérations culturelles? Est-ce que ma façon de les envisager est libre de tout capacitisme (c.-à-d., un préjugé ou traitement défavorable envers les personnes en situation de handicap)? Est-ce que je me fonde pour cela uniquement sur ma propre expérience?
  2. Est-il possible que mes suppositions m’empêchent de poser certaines questions et d’entendre ou de comprendre les réponses qui sortent du cadre de mon expérience de vie?
  3. Mes principes et attitudes, conjugués à ceux de l’organisation, des institutions auxquelles j’ai affaire et de la société dans son ensemble, limitent-ils l’éventail de possibilités que je prends en considération dans l’élaboration d’une politique?

L’ACS+ ne représente pas un fardeau supplémentaire. Il s’agit simplement d’une nouvelle approche axée sur la diversité et l’inclusion. Bon nombre de personnes et d’organismes tiennent régulièrement compte du genre et de la diversité intuitivement. D’autres doivent déployer des efforts plus orchestrés. En utilisant régulièrement les aide-mémoire et les outils ont été créés pour guider la démarche d’ACS+, vous intégrerez les questions relatives à l’ACS+ à votre processus de réflexion.

L’ACS+ peut être appliquée à une gamme d’enjeux. En voici trois exemples (secteur minier, cyberintimidation et traumatisme cérébral).

Exemples

Secteur minier

Enjeu :

Le secteur de l’exploration minière doit embaucher 60 000 travailleuses et travailleurs au cours des dix prochaines années.

Questions à poser dans le cadre de l’ACS+ :

  • Quelles sont les caractéristiques sociodémographiques de la main-d’œuvre actuelle du secteur de l’exploration minière? Y a-t-il des segments de la population qui sont sous-représentés (p. ex., les femmes, les Autochtones, les jeunes)?
  • Quels sont les obstacles qui empêchent les groupes sous-représentés de participer au secteur (p. ex., les quarts de travail, le travail en région éloignée, les préjugés des employeurs)? Est-ce qu’on peut mettre en œuvre des mesures pour tenter d’éliminer les obstacles réels ou perçus?
  • En élaborant une façon d’approcher cet enjeu, avez-vous consulté diverses parties intéressées, dont les groupes sous-représentés?

Cyberintimidation

Enjeu :

La cyberintimidation et la distribution non consensuelle d’images intimes sont une source croissante d’inquiétude au Canada, surtout chez les jeunes.

Questions à poser dans le cadre de l’ACS+ :

  • Les comportements et la victimisation liés à la cyberintimidation sont-ils les mêmes chez les filles et les garçons?
  • Existe-t-il d’autres facteurs identitaires qui puissent avoir une influence sur les comportements et/ou la victimisation liés à cyberintimidation (p. ex, le lieu de résidence, le milieu socioéconomique)?
  • Les effets à long terme de la cyberintimidation sont-ils les mêmes chez les filles, les garçons et les jeunes personnes allosexuelles?
  • Avez-vous consulté des jeunes d’horizons divers?

Traumatisme cérébral

Enjeu :

À la suite des récentes poursuites très médiatisées intentées par des athlètes qui ont subi des commotions cérébrales dans la pratique d’un sport professionnel, il est nécessaire de mieux prévenir les traumatismes cérébraux et d’y remédier.

Questions à poser dans le cadre de l’ACS+ :

  • Les femmes subissent-elles autant de traumatismes cérébraux que les hommes?
  • Certains groupes sont-ils plus à risque de subir un traumatisme cérébral selon les attentes placées sur eux (p.ex., la prise de risque) en raison de leur sexe ou d’autres facteurs identitaires?
  • Existe-t-il des facteurs relatifs au sexe ou au genre qui ont une influence sur les symptômes des traumatismes cérébraux ou sur la guérison?
  • Vous êtes-vous assuré d’inclure les expériences des femmes et des hommes dans le cadre de vos recherches?

La démarche d’ACS+ vous permettra d’approfondir votre analyse et de tenir compte systématiquement de la diversité dans votre travail. La démarche comporte quelques éléments importants :

Fig. 2 – Démarche d’ACS+
[Version textuelle de la « Fig. 2 – Démarche d’ACS+ »]

Graphique illustrant les étapes de l’ACS+, à savoir : cerner l’enjeu; remettre en question les suppositions; recueillir les faits (recherches et consultations) ; formuler des options et des recommandations; surveiller et évaluer; communiquer; consigner. L’ACS+ pour d’excellents résultats pour les Canadiennes et les Canadiens dans toute leur diversité.

GBA+ logo

Pour de plus amples renseignements sur la démarche d’ACS+ et les éléments qui la composent et pour obtenir un exemple à titre d’illustration, veuillez consulter le module 3, Qu’est-ce que l’ACS+?, du cybercours Introduction à l’ACS+.

Date de modification :